Mon lien avec le jeu éducatif ne date pas d'hier. Dès 1984, mes parents ont ouvert des boutiques de jeux et matériel pédagogique Joubec en Abitibi-Témiscamingue.
Tous deux détenaient une maîtrise en éducation, et mon père travaillait également comme conseiller pédagogique. Ensemble, ils ont insufflé une vision claire : exclure tout jeu violent pour privilégier l'éveil, l'accompagnement des enseignants et le soutien aux enfants ayant des besoins particuliers.
Enfant, je mettais la main à la pâte en montant les démonstrateurs en magasin, en préparant les vitrines et en observant concrètement ce qui rendait un matériel captivant.

Très tôt, cette curiosité s'est exprimée dans d'autres disciplines.
J'ai exploré plusieurs instruments, notamment la guitare classique étudiée au Cégep Saint-Laurent. Faire de la musique a toujours représenté pour moi une forme de jeu rigoureuse : écouter, répéter, essayer et créer.
Monter sur scène et performer devant un public participe du même esprit. C'est une forme de théâtre vivant où l'on plonge dans l'action, où l'on ajuste chaque geste en direct et où l'on apprend à maîtriser son art par la pratique, sans craindre l'erreur.

Devenu père de deux filles, j'ai, avec ma famille, fréquenté les centres d'amusement habituels. S'ils permettent de dépenser de l'énergie physique, ils sont souvent bruyants, trop stimulants et épuisants pour les adultes.
Je cherchais une alternative : un espace calme, loin des écrans, où les enfants explorent intelligemment et où les familles se sentent bien.

Deux déclics majeurs ont guidé la conception des ateliers :
D'abord, l'exposition permanente Fabrik² – Défis créatifs du Centre des sciences de Montréal, pionnière du tinkering : imaginer des solutions, prototyper, se tromper et recommencer sans compétition.
Ensuite, le travail de la designer Cas Holman dans la série documentaire Abstract sur Netflix, ainsi que son système de construction libre à grande échelle, le Rigamajig : bâtir sans manuel contraignant, coopérer et résoudre des défis spatiaux en équipe.
En 2018, j'ai fondé 1887 Lab pour réunir toutes ces influences.
Après une pause durant la pandémie, le projet poursuit aujourd'hui sa mission : offrir des ateliers calmes, stimulants et sans écran, où le jeu redevient un moteur d'ingéniosité, d'écoute et de plaisir partagé.
